45e anniversaire de la BOAD : Le président en exercice de l’UEMOA, Alassane Ouattara préside le forum de réflexion sur les énergies renouvelables à Lomé

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Il y a quarante-cinq ans, les Etats de l’Union économique et monétaire ont créé la Banque ouest-africaine de développement (Boad). A l’occasion de la célébration de cet anniversaire, jour pour jour, ce mercredi 14 novembre à Lomé, les dirigeants de l’espace communautaire, tout en saluant les avancées ont insisté sur ce qui doit être l’une des dévolutions majeures de la banque les années à venir.

« Depuis sa création, la Boad s’emploie à assumer ses missions statutaires au premier rang desquelles figure la promotion du développement équilibré de ses Etats membres, et d’autre part une contribution active à la réalisation de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest », a clamé Christian Adovèlandé, ce mercredi à l’hôtel 2 février de Lomé où a été célébré le 45e anniversaire de la Boad dont il est le président en exercice, comme pour rafraichir la mémoire à son auditoire. Premiers à son écoute, les dirigeants des institutions communautaires et autres institutions de financement, à savoir le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), le président de la Commission de l’Uémoa, le président de l’Autorité des marchés financiers de l’Uémoa. Et surtout Alassane Dramane Ouattara, président de Côte d’Ivoire et président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uémoa, ainsi que Romuald Wadagni, président du Conseil des ministres statutaire de l’Uémoa.
Célébré sous le thème évocateur de « l’énergie solaire dans l’économie des pays de l’Uémoa: état des lieux, enjeux et politiques », l’anniversaire de la banque sous-régionale de développement, au détour d’un forum y dédié, a également réuni le gotha des experts d’Afrique et d’ailleurs sur la question.
Selon le président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), Abdallah Boureima, il s’agit d’un forum organisé sur une thématique au « cœur des préoccupations des instances dirigeantes de l’Uémoa, à savoir la question énergétique ». Car, soutient-il, « l’Uémoa enregistre une croissance avoisinant un taux de 6,5 % », mais « cette performance économique aurait pu être plus avantageuse encore si les efforts de développement des Etats membres pour accroitre la compétitivité des entreprises et améliorer les conditions de vie des populations n’avaient été obérés par un environnement énergétique particulièrement défavorable». Et si, «la part du thermique qui constitue les 2/3 de parts de production, ce qui fait de l’électricité au sein de l’Uémoa l’une des plus chers au monde», n’était prépondérante. Il souligne également « La faiblesse des ressources publiques pour le financement d’infrastructures électriques », et « la situation financière souvent précaire des opérateurs publics d’électricité». D’où la nécessité des énergies renouvelables, une ambition que porte la Boad.
A ce propos, rappelle Christian Adovèlandé, il y a cinq ans, la célébration du 40e anniversaire de la banque avait été une occasion de réfléchir sur le thème : «Nouveaux enjeux pour l’activité des banques sous-régionales de développement». Et, détaille-t-il, «le plan stratégique qui en a découlé et qui est en cours d’exécution, porte le sceau d’un fort engagement en finance climat avec un accent particulier sur les énergies renouvelables». D’où le thème du forum marquant les 45 ans de l’institution bancaire, ouvert ce mercredi 14 novembre, qui reste lié à celui débattu il y a cinq ans. Il évoque le développement, en effet, des potentialités économiques et sociales importantes que les pays de la sous-région commencent à peine à exploiter, car, indique le président de la Boad, la plupart des activités, qu’il s’agisse de production, d’éducation, de santé, ou des loisirs, font recours à l’énergie, appuie Christian Adovèlandé, selon qui « un bon accès à l’énergie est une condition de développement économique, social et culturel.. ».

Sans électricité…

Procédant à l’ouverture dudit forum, le président Alassane Dramane Ouattara, déplore qu’ « aujourd’hui, moins de la moitié de nos compatriotes a accès à l’électricité et beaucoup n’y a qu’un accès limité », « je trouve que cela est une honte », dit-il sans ambages et suivant le langage de vérité qui lui est connu ! D’autant plus que, argumente-t-il, « sans l’électricité, il n’y a pas d’eau potable, sans l’électricité et l’eau, l’éducation et la santé ne peuvent être que retardées ».
Faisant le diagnostic y afférent, il relève que cette situation « résulte du retard accusé en matière d’investissement », qui « constitue un frein à notre développement économique et social » au sein de la communauté. Aussi, préconise-t-il « Pour accélérer la croissance économique», que les pays de l’Uémoa investissent « massivement dans le secteur de l’énergie ». Cela est une priorité, insiste-t-il, car « la diversification et l’industrialisation de nos économies à travers la transformation de nos matières premières passent impérativement par l’accroissement de nos capacités de production électrique », martèle le président Ouattara.

Wadagni édifie

En sa qualité de président du Conseil des ministres statutaire de l’Uémoa, Romuald Wadagni, ministre de l’Economie et des Finances béninois, a axé son intervention, à la cérémonie d’ouverture du forum d’anniversaire hier, sur deux principaux messages: un message général pour l’amélioration des performances de la banque, et une suggestion par rapport au thème du forum.
Tout en saluant les efforts consentis pour faire de la Boad « une institution de référence en matière de financement de développement », il a estimé que « le principal défi pour les prochaines années est de trouver des moyens innovants pour renforcer les fonds propres de la banque et abaisser les coûts de ses interventions ». Selon Romuald Wadagni, « il serait souhaitable de mettre en œuvre des projets concrets pour renforcer les capacités de la banque à mobiliser de ressources à très long terme à des taux bas ». A cet effet, il cite en exemple le Bénin qui l’a fait, «pour lever des fonds…à 30 ans et à des taux bas avoisinant les 2%.». S’agissant spécifiquement du forum, Romuald Wadagni suggère que la Boad mette l’accent désormais sur «le contenu local dans le choix des projets d’électrification d’énergie solaire à financer ». Il s’agira notamment, argumente-t-il, « de développer des compétences locales pour la maintenance des équipements et la recherche-développement». Exhortant à une appropriation africaine de la manne économique que représentent les énergies renouvelables, selon l’argentier béninois « le soleil, la principale matière première, existe en quantité suffisante dans nos pays ». Cependant, prévient-il, « si nous nous contentons d’importer des équipements, nous allons avoir du mal à assurer la durabilité des projets. Nous aurons beaucoup de mal à faire prendre en charge nos besoins spécifiques ».
Cette exhortation du ministre béninois des Finances a eu la particularité de titiller la fibre patriotique des participants au forum, qui l’ont applaudi à tout rompre, interrompant son speech maintes fois. Et s’il faille mesurer à l’applaudimètre la pertinence des allocutions prononcées hier à l’hôtel 2 février, celle de Romuald Wadagni tient la dragée haute, ajoutée à celle du président Ouattara qui séduit toujours par son franc-parler.

Dynamique

Faisant chorus au discours du ministre Wadagni, le président de la Boad indique que «Le développement de l’énergie renouvelable serait d’un grand apport à la durabilité de la croissance économique, de même qu’au renforcement de l’inclusion sociale et financière». Ce dont convient de président du Conseil des ministres statutaire, Romuald Wadagni: « Nous nous investirons à accompagner la dynamique dans les Etats membres de l’Union. A cet égard, nous restons attentifs aux conclusions du Forum», s’engage-t-il au nom de ses pairs.
A noter, pour le compte de la première journée, que les travaux du forum ont été consacrés à deux panels. Le premier a porté sur « Faire décoller et développer l’économie du solaire en zone Uémoa », et le deuxième sur «Finance climat et mobilisation de ressources ». Le premier panel, dirigé par l’ancien Premier ministre du Sénégal, Mamadou Loum, a été animé par d’éminentes personnalités dont Seyni Nafo, conseiller spécial du président du Mali et Luc Gnacadja, ancien ministre béninois de l’Environnement. Le deuxième panel a été conduit par Kabiné Komara, ancien Premier ministre de la Guinée et animé également par d’éminentes personnalités et experts?

TREEE MAG

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