Bordeaux : l’association La Fumainerie expérimente les toilettes sèches en appartement

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L’association bordelaise la Fumainerie s’est donné la mission de faciliter le recours aux toilettes sèches dans les foyers et même en appartement. Économies d’eau et valorisation des déjections, les lauréats du « Prix coup de cœur » du mois de l’ESS de la métropole girondine lancent une expérimentation auprès de 20 foyers à Bordeaux.

Vos déjections valent de l’or ! Il est possible de les valoriser en évitant ce qui pour certains est considéré comme une hérésie : faire ses besoins dans de l’eau potable. En considérant qu’une pression sur le bouton de la chasse représente l’équivalent de six litres d’eau, soit autant d’eau potable gâchée pour évacuer notre « fumain » à chaque fois que nous nous rendons aux cabinets. Si ensuite, nous nous rendons compte que nos déjections peuvent intervenir dans l’entretien d’un cercle vertueux qui permet de nourrir les sols et les plantes que nous consommons. Si enfin, nous prenons conscience que c’est sans odeur et que ce n’est finalement pas si contraignant que ça… Il ne reste plus qu’à se lancer. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait 20 foyers bordelais en se portant volontaires pour une expérimentation d’envergure : tester les toilettes sèches dans leur salle de bain.

L’initiative émane de l’association la « Fumainerie« , qui est née du regroupement en 2015 de quelques citoyens de la région en un collectif, le « KK POWER ».

« Combler tous les manques techniques et logistiques »

Ambre Diazabakana, membre de la direction collégiale de l’organe qui expérimente chez elle les toilettes sèches depuis quasiment un an, n’est plus à convaincre. Elle met cependant en évidence qu’entre le moment où l’on veut se lancer et celui où l’on passe à l’acte, il peut se passer du temps… C’est là tout l’objectif de l’expérimentation qui aura lieu à Bordeaux : « L’association a pour objectif de combler tous les manques techniques et logistiques qui peuvent aujourd’hui freiner les particuliers dans l’acquisition puis l’utilisation des toilettes sèches au quotidien« .

©La Fumainerie

De l’installation à la récolte des matières fécales, l’association qui se charge de tout : « Nous allons installer les toilettes sèches à séparation chez les volontaires, c’est également nous qui allons venir récolter les matières soit pour les composter nous-même à une échelle expérimentale dans un premier temps ou bien, en les envoyant auprès de nos partenaires qui détiennent les agréments pour transformer les matières en compost et en fertilisant« , précise-t-elle.

Le fumain est une contraction des termes « fumier » et « humain ». Il représente le sous-produit du système digestif humain valorisé à des fins agricoles.

Les bénévoles de l’association jouent le rôle d’intermédiaire « entre les particuliers qui souhaitent passer aux toilettes sèches mais n’ont pas forcément l’espace pour valoriser les matières ou qui n’ont pas forcément l’envie de s’embêter une heure toutes les deux semaines pour vidanger ses toilettes ». Ambre considère le rôle du bénévole comme « une aide » accordée aux particuliers qui ont à cœur de « contribuer à l’effort et à la diminution de la pollution de notre eau » faisant ainsi le lien avec « les professionnels qui ont aujourd’hui les moyens de valoriser, de composter ces matières ».

Valorisation en substrat et fertilisant

Par un principe simple de séparation grâce à la gravité, les matières fécales et les urines ne seront pas mélangées ce qui participe aussi au fait qu’il n’y ait pas d’odeurs. Les premières seront valorisées en substrat qui nourrira la terre. Les secondes seront valorisées en fertilisant parce qu’ »elles concentrent le phosphore, l’azote et le potassium utiles à la croissance des plantes ». Pour réduire l’impact carbone de la récolte des matières, les volontaires sont choisis pour cette expérimentation, en fonction de la zone géographique qui se cantonne au centre-ville de Bordeaux, de sorte à ce que la collecte puisse être effectuée par un « vidangeur » comme l’appelle Ambre, en vélo-cargo. Ainsi plus de pollution des eaux, une valorisation de ce que l’on pense avoir le moins de valeur, nos déjections, le tout en produisant un minimum d’émissions pour un maximum de bénéfices.

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