L’eau de mer, nouveau carburant naturel ?

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Au vu de certaines catastrophes écologiques et marées noires, dont le naufrage du vraquier Wakashio fin juillet à l’Île Maurice, et si un carburant plus neutre venait limiter les risques de pollution ? Une récente étude américaine suggère d’utiliser… l’eau de mer.

Le transport maritime est polluant, c’est un fait. Ses émissions de gaz à effet de serre sont en constante augmentation et représentent 3 % des émissions mondiales selon l’Institut supérieur d’économie maritime (ISEMAR). Toujours d’après l’Institut, « son empreinte environnementale devrait passer à 17 % d’ici 2050 si rien n’est fait ». Et si des mesures sont prises pour tenter de réduire la pollution de l’air lors des escales de certains navires et ferries, ou encore pour limiter l’empreinte carbone du carburant… Des pistes encore plus « écologiques » sont à l’étude.

Transformer l’eau de mer en carburant

Une équipe de chercheurs du Département de génie chimique de l’Université de Rochester, de chercheurs du Naval Research Laboratory, de l’Université de Pittsburgh et de la compagnie OxEon Energy l’affirme, il serait possible d’utiliser un carburant « vraiment propre » : l’eau de mer ! C’est en tout cas ce qui ressort de son étude publiée en juillet dernier dans la revue Energy & Environmental Science. L’eau salée serait une solution non des moindres pour fabriquer du carburant. Pour la transformer en fuel, c’est sur la méthode de « conversion catalytique inversée » qu’il faut compter. Les chercheurs expliquent que cela s’opère avec un catalyseur composé de carbure de molybdène, un matériau peu coûteux et résistant à la chaleur, qui est associé à du potassium et de l’alumine gamma. Il faut extraire le dioxyde de carbone présent dans l’eau, puis le transformer en monoxyde de carbone. Le tout peut alors être converti en hydrocarbure liquide.

Une ressource « illimitée » qui a fait ses preuves

Se prélevant directement dans l’eau, le carburant pourrait être fabriqué durant la navigation du bateau et durer plus longtemps qu’un carburant « classique ». En soit, il s’agit d’une ressource de carburant presque illimitée. Un procédé qui permettrait de réduire la pollution et de diminuer les coûts d’entretien et ceux liés à l’essence. Des tests ont été effectués et selon les chercheurs, le catalyseur « n’aurait montré aucun signe de désactivation pendant le fonctionnement continu de l’étude pilote de 10 jours ». Cette alternative au carburant doit maintenant être testée hors des laboratoires, dans des conditions réelles à bord d’un bateau. En 2014, un projet similaire a été entamé par la marine américaine. Des chercheurs avaient réussi à faire voler un modèle réduit d’avion avec du carburant qui n’était autre que de l’eau de mer !

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