Le retour à la vie d’une ville du Soudan du Sud grâce à une eau propre

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Nyahok Yar (right), who is physically disabled and relies on a tricycle for mobility, goes to fetch water with one of her children in the Kochethey internally displaced persons (IDP) camp, Bentiu, South Sudan, Friday 7 July 2017. Before a water pipeline bringing safe drinking water from a treatment plant to a water point in the camp was constructed, Nyahok would have to travel up to two hours per day to collect water for her and her family. “Sometimes during the rainy season, it was too muddy, I couldn’t move with my bike to get water and I was stuck in my house,” says Nyahok. Since the installation of the water point, it takes Nyahok only five minutes to collect water with the help of her children, making it possible for her to make the journey several times a day. As of 20 July 2017, South Sudan is in the midst of the most severe and protracted cholera outbreak in its history, with 13,880 cholera cases and 243 cholera deaths reported so far in 2017. UNICEF has continued to scale up its cholera response in line with the resurgence of transmission, providing direct support to more than 7,673 cholera cases this year. South Sudan’s water supply and hygiene services have been severely affected by the conflict which began in 2013. Nearly five million of the most vulnerable people in the country are in need of access to safe water and basic sanitation facilities. Many water points have been damaged because of the conflict or fallen into disrepair. Unsafe water puts people at increased risk for waterborne diseases such as diarrhoea and cholera. But a newly rehabilitated water treatment plant in Bentiu is already improving the lives of residents in the northern town. Work to upgrade the plant began in May 2016 with support from UNICEF, USAID and Concern. The treatment plant resumed full operations in June 2017 and currently produces about 500,000 litres per day of safe water, which is pumped to 22 water points across Bentiu. UNICEF’s water and sanitation sp

Au Soudan du Sud, les services d’approvisionnement en eau et d’hygiène ont été sévèrement affectés par le conflit en cours. On estime que moins de la moitié de la population dispose d’un accès à une eau sûre. La remise en état récente d’une station d’épuration dans l’une des villes du pays a permis un réel changement dans la vie de ses habitants. 

BENTIU, Soudan du Sud, le 5 septembre 2017 – Imaginez avoir besoin de plus d’une heure chaque jour pour aller chercher de l’eau à une rivière. À présent, imaginez devoir le faire en fauteuil roulant.

Voilà le défi quotidien que devait relever Nyahok Yar dans sa ville sud-soudanaise de Bentiu, dans le nord du pays. Pour se déplacer, elle devait utiliser un tricycle, parfois par des températures dépassant les 40 degrés Celcius. Lors de la saison des pluies, ce trajet devenait pratiquement impossible.

« Pendant la saison des pluies, c’était parfois trop boueux et je ne pouvais pas me déplacer à vélo pour aller chercher de l’eau : j’étais coincée chez moi », raconte Nyahok.

Elle devait compter sur ses voisins pour avoir de l’eau. Il n’y avait cependant pas toujours quelqu’un de disponible, et elle devait donc sortir toute seule sous la pluie, au risque de rester embourbée en chemin pendant des heures.

« Quelques fois, j’ai dû passer toute la nuit bloquée sur la route, car il n’y avait personne pour m’aider. J’étais loin de mes enfants et terriblement inquiète parce que personne ne s’occupait d’eux », explique Nyahok.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/UN075402/Kealey
Mary Nyakuma Peter, 15 ans, est assise dans une salle de classe de l’école primaire Machakos à Bentiu, au Soudan du Sud. Il y a environ trois mois, toute la famille de Mary a souffert de diarrhée. Ils s’en sont tous remis, sauf sa sœur cadette, Nyakuth, qui a perdu la vie à 13 ans. « Je suis si triste à cause de ce qui s’est passé, tout ça à cause de l’eau sale. Si nous avions de l’eau propre, peut-être qu’elle ne serait pas tombée malade et serait toujours là », déplore Mary.

 

Une eau peu sûre est synonyme de maladie et de malnutrition

Les services d’approvisionnement en eau et d’hygiène du Soudan du Sud ont été sévèrement affectés par le conflit qui fait rage depuis 2013. Près de 5,1 millions de personnes parmi les plus vulnérables du pays ont besoin d’un accès à une eau sûre et à des installations d’assainissement de base.

Un grand nombre de pompes à eau ont été endommagées à cause du conflit ou ne sont plus en état de marche, faute d’entretien, tout comme la station d’épuration de Bentiu.

Une eau peu sûre expose les enfants à des maladies mortelles. Les maladies liées à l’eau et l’assainissement figurent parmi les principales causes de décès des enfants de moins de 5 ans à travers le monde. Chaque jour, plus de 800 enfants de moins de 5 ans meurent de diarrhée liée à une eau, un assainissement et une hygiène inadaptés.

La diarrhée empêche les enfants d’absorber les nutriments nécessaires à leur survie et entraîne, au bout du compte, la malnutrition. Au Soudan du Sud, on estime que plus de 1,1 million d’enfants de moins de 5 ans sont mal nourris, et, cette année, près de 276 000 d’entre eux risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère.

« Peu importe la quantité de nourriture qu’un enfant mal nourri mange, sa santé ne s’améliorera pas si l’eau qu’on lui donne à boire n’est pas sûre », explique Manuel Fontaine, Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF.

Les enfants mal nourris sont également plus sensibles aux maladies transmises par l’eau comme le choléra. Au Soudan du Sud, l’épidémie de choléra qui a débuté en juin 2016 est la plus sévère et la plus longue de l’histoire du pays, avec 19 742 personnes infectées et 355 morts au 31 juillet 2017.

 

Image de l'UNICEF
© UNICEF/UN075399/Kealey
Angelina Nyakuma pompe de l’eau pour remplir un jerrycan à l’école primaire Machakos de Bentiu, au Soudan du Sud. Angelina vit dans la ville de Bentiu où elle gagne sa vie en vendant du bois de chauffage. Elle raconte que sa vie était difficile avant la réhabilitation de la pompe à eau près de l’école. Cette mère de six enfants devait marcher pendant deux heures pour aller chercher de l’eau dans une rivière.

 

Des services qui changent la vie des habitants

À Bentiu, l’UNICEF et ses partenaires ont réhabilité et amélioré la station d’épuration de la ville grâce à une initiative financée par l’USAID. Le système d’approvisionnement en eau est désormais entièrement opérationnel et la station produit chaque jour environ 500 000 litres d’eau sûre et traitée. Celle-ci est ensuite pompée vers 22 points d’eau à travers toute la ville, notamment des écoles, des installations de santé et des communautés. La pompe près de chez Nyahok en fait partie.

Avec l’aide de ses enfants, il lui faut à présent seulement cinq minutes pour aller chercher de l’eau. Elle peut donc faire le trajet plusieurs fois par jour.

De tels services de base améliorent considérablement la vie, non seulement des personnes comme Nyahok, mais également de communautés entières.

Le directeur de l’école primaire Machakos de Bentiu, James Thudan Kuol, explique que davantage d’élèves ont commencé à venir à l’école depuis que le point d’eau a été remis en état.

« Il se passe de bonnes choses dorénavant », se félicite-t-il. « Les enseignants sont là et les enfants, beaucoup d’enfants, sont venus. Un programme alimentaire a été mis en place à présent et tout cela a été rendu possible par un accès facile à une eau propre. »

L’hôpital de Bentiu en profite également. Giel Samuel, son directeur général, explique en quoi une eau propre est essentielle pour le traitement des patients, d’autant plus maintenant que l’hôpital assiste, en raison de la saison des pluies, à une augmentation des personnes atteintes de maladies comme le paludisme.

En 2017, l’UNICEF a permis à plus de 600 000 personnes au Soudan du Sud d’accéder à une eau sûre et à plus de 200 000 personnes de disposer d’installations d’assainissement adaptées.

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